Cérémonie de remise de l’insigne de Chevalier de l’Ordre national du mérite à Mme Fatoumata Sy, 28 janvier 2020

Discours prononcé par l’Ambassadeur Philippe Lalliot à l’occasion de la cérémonie de remise de l’insigne de Chevalier de l’Ordre national du mérite à Mme Fatoumata Sy, pour ses nombreux mérites dans le domaine de la santé, le 28 janvier 2020 à la Résidence de France.

Seul le prononcé fait foi.

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Je suis très heureux de vous recevoir ce soir à la Résidence de France, pour remettre à Fatoumata Sy les insignes de Chevalier dans l’ordre national du Mérite, l’une des plus prestigieuses décorations que le Président de la République française puisse octroyer à des personnalités qui se sont distinguées par leurs mérites éminents.

C’est bien évidemment le cas ce soir puisque nous honorons une femme de conviction, une femme qui s’est toute sa vie dévouée aux autres. Retraitée depuis peu, en juin dernier, vous avez en effet, Madame, pendant plus de 35 ans, travaillé et œuvré pour la santé et le bien-être des autres, ici au Sénégal mais aussi dans toute la région, au gré de vos missions successives.

Je vais, comme c’est la tradition en France lorsque de telles décorations sont remises, retracer à grands traits, mais à grands traits seulement, votre parcours, même si votre modestie doit un peu en souffrir.

Votre parcours académique est d’emblée marqué par un fort intérêt pour la chose publique. Après votre baccalauréat, vous vous inscrivez à l’Institut universitaire de technologie de Nancy en France où vous obtenez votre diplôme de nutritionniste en 1977. C’est un peu plus tard, en 1989, que vous obtenez votre Master en Santé publique de l’Ecole de santé publique et de médecine tropicale de l’Université de Tulane, à la Nouvelle Orléans, aux Etats-Unis.

Votre parcours professionnel est à l’image de l’engagement d’une vie au cours de laquelle vous avez parcouru le continent et travaillé au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Gambie, au Ghana, en Guinée et en Guinée Bissau, et aussi au Mali, en Mauritanie, au Niger, en RCA, au Tchad, au Togo et bien sûr au Sénégal.

Votre carrière, dans le domaine du développement de la santé, a débuté en 1985 à l’USAID au Sénégal. Vous y avez, pendant une douzaine d’année, occupé des responsabilités de gestionnaire de programmes de santé et travaillé notamment sur les questions de planification familiale.

En 2000, vous rejoignez la Banque mondiale à Dakar, puis vous devenez directrice pays de Family Health International. Vous y travaillez notamment auprès des populations les plus vulnérables. Vous devenez directrice de programmes pour 15 pays en Afrique de l’Ouest pour le consortium USAID/Family Health International. Vous y dirigez la lutte contre les infections sexuellement transmissibles. Durant cette décennie, vous vous êtes en particulier consacrée à la lutte contre les pandémies, notamment contre le SIDA.

A partir de 2009, et pendant une autre douzaine d’années, vous avez dirigé les partenariats régionaux pour la lutte contre les pandémies du sida, de la tuberculose et du paludisme pour l’USAID et la Banque mondiale.

Vous savez, Madame, l’intérêt que porte la France, l’un des principaux contributeurs au Fonds mondial, à la lutte contre ces grandes pandémies. Nous n’en mesurons que mieux votre contribution essentielle à ce combat, qui est très loin d’être gagné.

Dernière étape de cette carrière bien remplie : de décembre 2012 jusqu’à l’année dernière, vous avez été directrice de l’Unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou, dont je rappelle qu’il vise, depuis son lancement en 2011, à atteindre au moins 2,2 millions d’utilisatrices additionnelles de méthodes de planification familiale dans neuf pays d’Afrique francophone d’ici 2020, ce qui est un objectif très ambitieux, compte tenu des faibles taux de prévalence contraceptive, des barrières socioculturelles, des déficiences des systèmes de santé et de l’insuffisance des financements.

Cet objectif nous est particulièrement cher, la France promouvant activement la santé par l’amélioration de la santé et des droits sexuels et reproductifs. À votre actif, je note qu’en 7 ans, l’Afrique de l’Ouest a enregistré plus de progrès que lors des 20 années précédant l’avènement du Partenariat de Ouagadougou.

Chers amis,

Je ne voudrais pas finir ce propos sans signaler le grand respect que vous ont manifesté, Madame, vos collaborateurs tout au long de cette brillante carrière et l’admiration que vous portaient toutes les femmes que vous rencontriez au cours de ces « caravanes » que vous aviez instituées.

Votre dynamisme et votre constance, votre force de travail et de caractère, votre engagement et votre dévouement aux quelques grandes causes que je viens de mentionner sont autant de qualités remarquables. Grâce à vous et à vos efforts, de très beaux résultats ont pu être obtenus dans le domaine de la santé publique.

C’est pourquoi, je suis heureux ce soir, Madame Fatimata Sy, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, de vous faire Chevalier de l’Ordre national du Mérite./.

Dernière modification : 28/01/2020

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