Déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères

Question :

Je voudrais savoir quels sont les retours que vous avez sur la situation dans les pays où les ambassades et les écoles ont été fermées aujourd’hui, est-ce qu’il y a eu des incidents ?

Est-ce que vous pouvez nous confirmer également que des renforts policiers ou militaires français ont été envoyés dans certains pays et notamment en Tunisie ?

Réponse :

– C’est un peu tôt et pour le moment, ce qui nous revient, c’est qu’il n’y a pas de problème particulier dirigé contre nos intérêts mais je le dis avec beaucoup de prudence car la journée n’est pas terminée.

En effet, nous avons pris un certain nombre de mesures de sécurité : appels à la prudence et à la vigilance, par tous les canaux de communication à notre disposition (sites internet des ambassades, pages Facebook et un réseau très efficace par SMS).

La sécurité a été renforcée de deux manières : d’une part, par les autorités des pays hôtes qui ont renforcé dans certains pays la présence policière notamment à proximité immédiate de nos établissements ; d’autre part, le renforcement de nos propres procédures de sécurité, par exemple très concrètement les procédures d’accès ou de fouille à l’entrée de nos locaux.

Je vous rappelle qu’à titre préventif et temporaire, nos établissements, ambassades, consulats, centre culturels et écoles sont aujourd’hui fermés au public dans une vingtaine de pays. La situation sera réévaluée au fur et à mesure en fonction de l’évolution des situations sur place.

Question :

On parle du GIGN en Tunisie par exemple  ?

Réponse :

Je ne confirme ni n’infirme. Tout a été fait pour que la sécurité de nos ressortissants et de nos locaux soit assurée.

Question :

Est-ce le centre de crise ici qui a décidé du degré de protection de nos ambassades ou bien chaque ambassadeur avec ses cellules locales a-t-il décidé du degré de vigilance qu’il doit appliquer  ?

Réponse :

C’est le centre de crise ici à Paris qui est chargé plus particulièrement de coordonner la mise en place du dispositif et de centraliser l’information. Bien évidemment, cela se fait en coordination avec nos ambassadeurs sur place car ce sont eux qui sont le mieux à même sur place de juger des conditions de sécurité. Tout cela se fait bien sûr sur instruction du ministre lui-même.

Question :

Peut-on avoir la liste des pays pour lesquels vous êtes le plus inquiets  ?

Réponse :

Non, pas de liste pour des raisons de sécurité évidentes.

Question :

Y a-t-il des pays qui vous ont proposé eux-mêmes de protéger vos locaux  ? J’ai pour exemple l’Iran puisqu’une équipe a augmenté la prime d’assassinat de Salman Rushdie  ?

Les journaux commencent vraiment à critiquer la France, pour autre chose que le film que tout le monde sait  ?

Réponse :

Dans la vingtaine de pays que nous avons identifiés, nos ambassades ont rappelé aux autorités leur responsabilité au titre de la Convention de Vienne pour ce qui concerne la protection des locaux diplomatiques et consulaires et, en tant que de besoin, compte tenu de la situation sur place en termes de sécurité, les moyens déployés autour de nos implantations, pas seulement les ambassades et les consulats, ont été renforcés.

Question :

Avez-vous eu des menaces spécifiques  ?

Il y a eu une déclaration du Haut Commissariat de l’ONU à Genève sur cette question des caricatures les critiquant. Avez-vous une réaction  ?

Réponse :

Sur votre première question, nous n’avons eu aucune menace précise ou particulière dirigée contre l’une ou l’autre de nos implantations. Les mesures que nous avons prises sont de précaution, à titre préventif.

Concernant les caricatures publiées par Charlie hebdo, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères ont l’un et l’autre rappelé ce qu’est la position française. C’est-à-dire un principe de liberté d’expression, un principe fondateur de la République, consubstantiel au pacte républicain. Ce principe doit s’exercer dans un esprit de tolérance pour toutes les convictions, notamment les convictions religieuses, et dans un esprit de responsabilité. Il faut éviter tout excès et de "jeter de l’huile sur le feu" pour reprendre les termes utilisés par le ministre des Affaires étrangères.

Question :

Vous avez dit que vous réévalueriez la situation au fur et à mesure. Vous annoncerez et vous donnerez des précisions sur la continuation éventuelle de la fermeture des établissements français  ? Comment les choses vont-elles se dérouler  ?

Réponse :

Ce soir, nous ferons le bilan de la journée, et en accord avec les informations que nous remonteront nos ambassades, le ministre prendra la décision soit de maintenir la fermeture soit de faire ce qui est prévu pour l’instant, c’est-à-dire que nous rouvrirons très normalement. Je le répète : cette mesure préventive, conservatoire est temporaire, en fonction de l’évolution constatée sur place.

Dernière modification : 21/09/2012

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