Discours de l’Ambassadeur de France à Dakar Christophe Bigot

Discours à l’occasion du lancement de la construction du pont de Marsassoum, le samedi 20 octobre 2018. A travers plusieurs projets, la France continue de contribuer au renouveau économique de la Casamance.

Votre Excellence Monsieur le Président de la République Macky Sall,
Monsieur le Ministre de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main d’œuvre, Cher Monsieur le Maire [de Sédhiou], M. Abdoulaye Diop,
Monsieur le Ministre des Infrastructures, des Transports Terrestres et du Désenclavement, M. Abdoulaye Daouda Diallo
M. le Maire de Marsassoum,
Monsieur le Gouverneur,
M. le Président du Conseil départemental de Sédhiou,
Honorables députés et sénateurs,
M. le DG de l’Agéroute,
Messieurs les représentants des autorités religieuses,
Monsieur le représentant de la BOAD,
Monsieur le Président directeur général d’Eiffage Sénégal,
Monsieur le représentant de Matière,
Mesdames et messieurs,

C’est pour moi un immense plaisir de me joindre à vous aujourd’hui. Nous sommes tous réunis dans cette belle région de Casamance pour assister ensemble au lancement de 3 projets - la boucle du Boudier, le pont de Marsassoum, et le programme Promoville de Sedhiou. Trois réalisations emblématiques du Plan Sénégal Emergent qui arrive au terme de sa première phase.

C’est un honneur pour moi de partager ce moment avec vous, Votre Excellence, avec les autorités nationales et locales, et les populations de Casamance et d’abord de cette accueillante région de Sédhiou.

1°) La Casamance est une région chère à la France, et avec laquelle l’Ambassade de France entretient une longue et étroite histoire de collaboration fructueuse. Ce partenariat s’incarne d’abord à travers des hommes. Nous avons un coopérant présent en permanence, sur place, depuis plus de 15 ans maintenant. Ce partenariat se mesure aussi financièrement, avec plus de 70 Mds FCFA investis depuis le début des années 2000 dans cette région au titre de sa coopération avec l’Etat du Sénégal.
Cela passe bien sûr par l’intermédiaire de l’AFD, agence française de développement, qui cofinance, en partenariat avec l’Etat du Sénégal, plusieurs programmes à destination des Casamançais. C’est par exemple le projet d’amélioration de l’éducation de base en Casamance, pour lequel 30 écoles élémentaires et collèges seront construits ou réhabilités dans les régions de Sédhiou et Ziguinchor. A terme, ce sont 9 218 élèves qui verront leurs conditions d’apprentissage améliorées, notamment via l’usage du numérique à l’école.
L’agence a ainsi engagé pas moins de 44 Mds FCFA en subvention entre 2007 et 2017.

2°) Cette coopération en faveur de la Casamance est aussi une coopération innovante. Elle incarne le renouveau de notre relation avec l’Afrique souhaitée par le Président Emmanuel Macron. Le Sénégal et en son sein la Casamance sont des laboratoires d’une relation nouvelle, mutuellement bénéfique et orientée vers notre jeunesse.
Je tiens ici à féliciter également tous les acteurs « non gouvernementaux », la société civile, les ONG, qui incarnent, pilotent et font vivre au quotidien nos instruments de coopération.

Je pense par exemple au programme PISCA, qui appuie à Bignona, Vélingara, Kolda et Sédhiou 3 projets innovants sur des thèmes comme la gestion des ressources naturelles, la coopération transfrontalière, ou encore la participation des enfants à la gouvernance locale.
C’est par ce genre d’actions concrètes, ciblées, que la coopération franco sénégalaise met en avant les principes de transparence de l’action publique, de redevabilité et de promotion des droits humains. Des valeurs qui sont chères et que nous avons en partage avec les Casamançais ; et je m’en félicite.

3°) Je voudrais maintenant dire quelques mots du sujet qui nous réunit ici, à savoir la boucle du Boudier, le pont de Marsassoum, et le programme Promoville de Sedhiou.
Je partage pleinement la vision de Son Excellence le Président de la République Macky Sall. Le développement économique de la Casamance ne pourra s’inscrire dans la durée tant que les problématiques d’enclavement de ce territoire, liées à sa géographie, n’auront pas été résolues.
C’est l’un des axes structurants de la politique de développement du Gouvernement sénégalais, qui investit massivement dans le développement de la connectivité et la mobilité à l’intérieur du pays. Je ne citerai qu’un seul exemple mais il est le plus parlant : le lancement d’Air Sénégal le 30 avril dernier dont le premier vol a été effectué - et ce n’est pas un hasard - sur la ligne Dakar-Ziguinchor.
C’est cette priorité qui est déclinée dans le cadre du Plan Sénégal Emergent à travers le Programme de Modernisation des Villes (PROMOVILLES) qui, comme son nom l’indique, vise à doter les grandes villes d’infrastructures de base de qualités.
Le Projet d’aménagement de la boucle du Boudier et de réalisation des voiries de Sédhiou et Marsassoum est le fruit de cette initiative. Ce sont presque 150 km de piste et de route qui sont en cours de réalisation dans la région aujourd’hui. Autant de kilomètres qui permettront de désenclaver, de développer les échanges, de réduire les coûts, mais surtout d’améliorer la sécurité et le cadre de vie des Casamançais.
Eiffage Sénégal, et j’en félicite son Président directeur général Gérard Sénac, a une fois de plus montré sa capacité à accompagner la BOAD et l’Etat du Sénégal sur ce projet. L’entreprise est un partenaire de longue date du Sénégal, et a su développer son activité non seulement à Dakar, mais également en région.
C’est un élément important et sur lequel nous devons insister. Car le développement du Sénégal ne se fera pas uniquement à Dakar. Tous les départements du Sénégal ont un rôle à jouer dans l’émergence du pays, même les plus éloignés, même les plus isolés.
Mais la connectivité ne peut pas se faire uniquement côté terre et ces nouvelles voiries n’ont de sens que si elles permettent de franchir les rivières.
C’est pourquoi l’Ageroute, dont je félicite à nouveau son DG M. Ibrahima Ndiaye, a signé avec la société française MATIERE un contrat pour 18 ponts métalliques. Et une fois encore, le Gouvernement a eu la clairvoyance de donner la priorité à la Casamance.
La première pierre que vous venez de poser, Monsieur le Président, sera la première d’une longue liste. Dans 44 mois, non moins de 18 ouvrages sortiront de terre, à Marsassoum d’abord, suivi d’une série de 17 ponts et autoponts à Dakar, Matam, ou encore St Louis.
Ces ouvrages seront un gain de temps inestimable pour les populations qui empruntent ces routes, et un véritable facteur de désengorgement pour la métropole de Dakar.
« Développer des projets de mobilité », c’est une priorité du Sénégal mais c’est également une priorité conjointe de nos deux Gouvernements. La Feuille de route intergouvernementale d’octobre 2017 le montre bien.
Le contrat entre Matière et l’Ageroute est un projet majeur dont l’aboutissement doit beaucoup au soutien financier français. La signature du financement a été un moment fort de la visite du Président Macron en février. Je tiens à féliciter la Société générale, qui porte 85% des 209 MEUR nécessaires au projet, mais également BpiFrance qui garantit ce crédit.
Le parcours à l’international de Matière est emblématique de la volonté croissante d’internationalisation de nos PME et il faut s’en réjouir.
Matière est une ETI familiale située à Aurillac, reconnue pour la qualité de son savoir-faire notamment pour le traitement des matériaux métalliques. C’est une étape importante dans sa volonté des se positionner sur le marché sous-régional, en forte croissance.
4°) La Casamance est une terre d’avenir : d’avenir pour les casamançais, d’avenir pour les sénégalais, et d’avenir pour nos entreprises qui sont de plus en plus nombreuse à vouloir investir dans la région.
Matière est précurseur, mais pas seule :
• Eiffage bien sûr, et son investissement pour le programme Promoville que j’ai déjà évoqué
• la société Ellipse construit actuellement deux hôpitaux, à Kédougou et Sedhiou, pour améliorer l’offre de soin à disposition des Casamançais
• enfin deux de nos fleurons, Vinci Energie et Eiffage énergie, sont impliqués dans la construction de la ligne d’interconnexion électrique de l’OMVG qui desservira à terme une grande partie de la Casamance
La liste est encore longue : industrie agroalimentaire, tourisme, énergies renouvelables… L’expertise française est l’assurance d’infrastructures de qualité et nos entreprises sauront nouer les partenariats nécessaires, avec les entreprises sénégalaises, pour contribuer à l’émergence de la Casamance.
***
Votre Excellence Monsieur le Président de la République, Messieurs les Ministres, Honorables invités, chers habitants de Sédhiou et de Casamance. Je suis fier aujourd’hui d’être présent. Mais cette fierté est sans doute bien peu de chose à côté de celle que doivent ressentir les Sénégalais, et en premier lieu les Casamançais, face à l’émergence d’un nouveau Sénégal, sous la bannière Plan Sénégal Emergent. Ce nouveau visage d’un Sénégal moderne, stable, en forte croissance, je veux contribuer à le porter en France et en Europe. Et tous ces projets en Casamance en sont la plus belle incarnation.

Dernière modification : 22/10/2018

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