Entretien avec M.Olivier Serot Almeras, Consul général

Entretien avec M.Olivier Serot Almeras, Consul général de France à Dakar depuis le mois de septembre 2015

M. le Consul général, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
« J’ai comme on dit un parcours de généraliste, ce qui m’a permis d’occuper des fonctions et des postes très différents - à Kiev, Berlin, Rabat, Washington- et donc de traiter de dossiers très variés : politique et presse, élargissement de l’UE, questions consulaires. J’ai également occupé des fonctions qui m’ont passionné en cabinet ministériel, en tant que chef de cabinet de la secrétaire d’état aux droits de l’homme, et comme responsable du Protocole de la Présidence. C’est une vraie chance de pouvoir faire des métiers aussi différents. »

Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir diplomate ?

« On aime être diplomate car on aime le voyage mais surtout on aime la rencontre. On aime comprendre le monde. Rencontrer, c’est la mission qui nous est confiée. On devient aussi diplomate parce qu’on aime écrire, s’exprimer, prendre la parole. Toutes ces raisons m’ont fait choisir ce métier. Pour autant, je ne suis pas, comme certains, tombé tout petit dedans, non, c’est un projet qui a maturé pendant mes études." 

Si vous aviez à évoquer 1 moment fort dans votre carrière, ce serait lequel ?
« Depuis 22 ans que je fais ce métier, il y a beaucoup d’images, de moments qui m’ont frappé, ému, touché, bouleversé, intéressé. Mais pour répondre à votre question, je citerai le moment où j’ai été envoyé à Beyrouth chercher la dépouille de Michel Seurat, 20 ans après sa mort. Avec sa veuve et Jean-Paul Kaufman, on a pris un Falcon affrété par la République et on a fait un aller retour dans la journée. » (nb : Enlevé au Liban en 1985 aux côtés du journaliste Jean-Paul Kaufman, le chercheur Michel Seurat est décédé en captivité)

Pouvez-vous nous décrire comment vous envisagez la fonction de Consul général ? 
 
Je crois à l’avenir de la diplomatie consulaire : elle restera un secteur clé de notre diplomatie car, malgré les contraintes budgétaires, il ne peut pas en être autrement. Plus notre communauté augmente dans le monde et plus la France aura vocation à accompagner ses ressortissants. Il suffit de voir le réseau scolaire formidable que nous avons à travers le monde et qui assez unique.
Il y a deux piliers essentiels dans le métier consulaire. Le premier c’est « Accueil et proximité » : Les français ont besoin de disponibilité et d’écoute. Pour répondre à cette attente et être en mesure de les protéger lorsqu’il y a des menaces éventuelles, il faut essayer non seulement d’être présent dans les capitales mais aussi dans les autres villes du pays. Pour cela, nous nous appuyons sur les relais que sont les consuls honoraires, les associations et les élus qui nous font remonter les informations et nous permettent d’aider au mieux nos concitoyens à travers le pays. Quand on a 25000 ressortissants dans un pays, on se doit d’être présent.
Le second pilier, c’est « Attractivité et rayonnement de la France » : la France doit être attractive c’est la politique que le ministre nous demande de suivre et que le Président a maintes fois réaffirmée. Il faut permettre aux Sénégalais de voyager en France, d’y investir et d’y promouvoir leur culture. A nous de les y aider par une politique de visa favorable. La France doit aussi rayonner en faisant venir au Sénégal des entreprises françaises qui ont envie d’investir et là aussi, le Consulat a un rôle à jouer.

Cet arbre à palabres décrit les missions du Consulat général au profit de la communauté française au Sénégal. Avez-vous un message pour cette communauté ?
Le premier message, c’est d’abord que j’arrive ici avec humilité et envie. L’humilité de celui qui découvre un pays et une situation nouvelle. Donc je serai d’abord à l’écoute des problèmes et des attentes. J’essaierai d’y apporter des solutions. Les métiers consulaires sont des métiers de proximité, de terrain, des métiers où la dimension humaine est extrêmement importante. Le consulaire c’est l’humain au cœur de la diplomatie. Nos compatriotes ne savent pas toujours ce que peut leur apporter un consulat. C’est à nous de leur expliquer.

Quels sont les défis pour un Consul général de France au Sénégal ?
Les défis au Sénégal comme ailleurs c’est d’être rapide et réactif. Je me fait fort de répondre à toute sollicitation écrite ou orale en moins de 24h parce que les gens attendent cela d’une administration efficace et de proximité. Dans ce répondant, il faut avoir un minimum de sens politique. Il faut observer, il faut écouter pour comprendre la réalité d’un pays, pour comprendre ce que nous pouvons apporter aux Français et au Sénégalais.

Avez-vous déjà dégagé des axes d’effort pour les mois qui viennent ?  
A mon arrivée, je découvre un consulat qui fonctionne remarquablement bien et qui à mon avis répond déjà très largement aux attentes de nos compatriotes et de la communauté sénégalaise. Cela étant dit, on peut toujours apporter une pierre à l’édifice, notamment en améliorant les conditions d’accueil et la communication du consulat, mais aussi en faisant une meilleure promotion de l’attractivité de la France, et pour cela, il s’agit d’être à la hauteur des enjeux en matière de délivrance des visas.

Avez-vous un message pour les Sénégalais désireux de séjourner en France ?
Ils doivent savoir que nous sommes pleinement à leur écoute. Notre rôle est de faciliter leurs démarches et leurs venues en France. Bien sûr, plus leur dossier est respectueux des formes plus il est facile de délivrer un visa mais il faut qu’ils sachent que, dans ma ligne de conduite, il n’y aura pas de facteur de blocage, au contraire, notre souci est de créer du liant. Nous tâcherons de répondre en toutes circonstances aux petits malentendus et petites incompréhensions qui peuvent subvenir ici ou là.

Dernière modification : 18/01/2016

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