L’Action de L’association "Clowns Sans Frontières" pour les enfants vulnérables du Sénégal.

Christophe Bigot, Ambassadeur de France au Sénégal, a suivi une intervention de Clowns Sans Frontières à Popenguine le 8 septembre 2018. Il revient sur l’action de l’association auprès des enfants vulnérables au Sénégal et répond à nos questions.

M. l’Ambassadeur, vous avez eu la possibilité d’assister à un spectacle joué par les artistes de CSF à Popenguine, comment pourriez-vous décrire ce que vous avez observé ?

Ce sont surtout des mots qui me viennent à l’esprit : rires, émotions, partage, beauté, émerveillement, générosité et engagement. J’ai assisté à ce spectacle avec ma famille. A un moment, j’ai regardé autour de moi et j’ai vu que les enfants de la commune, leurs parents, les badauds, mon fils et mon épouse avaient tous les yeux écarquillés, à suivre enchantés les péripéties et performances acrobatiques des clowns, à écouter fascinés le beat-boxeur et à admirer l’œuvre de la graffeuse se construire sous nos yeux. Nous étions tous des enfants et c’est, pour moi, cela la force de ce spectacle : faire surgir le rire, l’émotion, l’émerveillement chez tous les spectateurs, quels que soient leur âge, leur origine et, surtout, leur réalité de vie.

Selon vous, en quoi l’action menée par Clowns Sans Frontières au Sénégal répond aux problématiques spécifiques de la situation des enfants talibés, des enfants en situation de rue ou protégés par la justice dans le pays ?

L’action menée par Clowns Sans Frontières ne résout pas les problèmes de ces enfants, surtout ceux des enfants des rues. Beaucoup d’entre eux survivent au quotidien plus qu’ils ne vivent, quêtant leur nourriture et l’argent qu’ils doivent rapporter. Sur le terrain, quelques ONG essayent de prendre en charge les enjeux de santé, d’éducation ou la recherche des familles de ces enfants.

Mais ce qu’offre Clowns est différent : c’est une parenthèse d’insouciance. Un afflux de couleurs et d’émotions sur le lieu même où ils vivent. Le terrain de foot improvisé, le bâtiment abandonné, la cour de la prison ou du centre de placement devient tout d’un coup un lieu de spectacle. Alors que d’habitude les adultes représentent trop souvent pour les enfants, l’autorité, l’indifférence et parfois, la maltraitance, ils deviennent pourvoyeurs de bonheur ou spectateurs à leurs côtés. Je sais que Clowns défend un « droit à l’enfance » et c’est exactement cela que Clowns leur apporte.

Clowns Sans Frontières s’attache, dès que cela est possible, à travailler en collaboration avec des artistes locaux afin de partager notre démarche d’action entre action artistique et humanitaire. Comment cette démarche vous semble-t-elle cohérente avec les besoins des acteurs culturels au Sénégal ?

Je soutiens pleinement cette démarche : d’abord parce qu’elle permet de renforcer les compétences des artistes sénégalais à destination du jeune public, de les mettre en réseau, mais également de faire se rencontrer des institutionnels de la protection de l’enfance et des artistes locaux. On peut donc imaginer que les acteurs locaux pérennisent l’action de Clowns, une fois leur mission finie. Et puis, je pense qu’il est important pour tous ces enfants de pouvoir rêver, de pouvoir se projeter au travers de quelqu’un qui leur ressemble. Cela parait un peu utopiste mais l’un des artistes de cirque avec lequel vous avez travaillé était lui-même un enfant des rues et a pu s’en sortir grâce au centre où il a été accueilli.

La version web de l’interview de L’ambassadeur : https://www.clowns-sans-frontieres-...

Site de Clowns Sans Frontières : https://www.clowns-sans-frontieres-...

Dernière modification : 07/01/2019

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