Séminaire de lutte contre le trafic international de stupéfiants par voie maritime, dakar, jeudi 7 juillet 2022

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Directeur général de la police nationale,
Mesdames et messieurs les chefs d’agence nationale anti-stupéfiants,
Monsieur le représentant du Maritime Analysis Operation Center vs Narcotics,
Monsieur le représentant de l’ONU-DC, Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir et un honneur d’être ici parmi vous, et de procéder, aux côtés du ministre de l’Intérieur du Sénégal, à l’ouverture de ce séminaire consacré à la lutte contre le trafic international de stupéfiants par voie maritime.

C’est bien sûr un sujet de préoccupation qui n’épargne aucun pays. Phénomène criminel majeur, il recouvre de multiples enjeux, sur lesquels j’aimerais revenir, brièvement et modestement en présence des spécialistes que vous êtes.

Il s’agit, tout d’abord, d’une question globale, autant sécuritaire que politique, autant juridique que sanitaire.

C’est bien parce que la consommation de produits stupéfiants conduit à des ravages de santé publique et a des conséquences particulièrement néfastes sur le fonctionnement quotidien de nos sociétés que tous les pays du monde, sans exception, ont dû prendre des mesures, à la fois judiciaires et sociales, afin de limiter la consommation de ce type de produits, et, partant, leurs trafics illicites.

C’est pourquoi aussi, à l’échelle internationale, une convention relative au contrôle des drogues a été établie sous l’égide de l’ONU dès 1961, afin de coordonner l’action internationale sur ces sujets.

Malgré les dispositifs mis en place, le trafic de stupéfiants est devenu une activité criminelle excessivement lucrative. Il peut remettre en cause jusqu’à la stabilité des Etats, voire des régions entières. Il favorise certaines criminalités associées qui sont autant de poisons délétères. Aucun pays n’est à l’abri de ce fléau.

Les principaux pays de production ont payé un lourd tribut à la prolifération de groupes criminels que la rentabilité financière de ces trafics a rendu surpuissants. Il suffit de voir, aujourd’hui, le développement des cartels en Amérique centrale pour prendre pleinement conscience du danger auquel nous sommes exposés.

Les marchés importants et historiques que constituent les pays d’Europe sont également durement touchés par les conséquences de la consommation et du trafic de stupéfiants. Eu égard aux graves troubles à l’ordre public que ce phénomène engendre, la France a consacré la lutte contre le trafic de stupéfiants comme l’une des principales priorités de son agenda sécuritaire.
Les pays d’Afrique ne sont hélas pas non plus épargnés par le développement du trafic et de la consommation de stupéfiants, notamment en raison de la position géographique stratégique du continent africain, situé entre l’Europe et l’Amérique latine, qui a notamment conduit les groupes criminels internationaux à ouvrir de nouvelles voies de trafic de cocaïne transitant par différents pays de ce continent.

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes donc face à une immense responsabilité. Nous ne pourrons l’assumer qu’ensemble. A la montée en puissance de ces trafics internationaux doit répondre en effet l’impérieuse nécessité de renforcer encore la coopération et la coordination de notre réponse face à ces phénomènes criminels.

C’est tout le sens de l’organisation de ce séminaire de haut niveau, qui a pour objectif de rassembler les acteurs internationaux les plus expérimentés sur ces sujets de trafic international de stupéfiants.

Nous ne partons cependant pas de rien. Ces dernières années ont permis de constater combien les services de lutte contre le trafic de stupéfiants étaient mobilisés. Notre action commune porte déjà ses fruits. En témoignent les nombreuses saisies réalisées par les services que vous dirigez, que ce soient les opérations réalisées en mer ou encore les saisies effectuées dans les ports ou à l’occasion d’enquêtes judiciaires.

Mais nous pouvons aller plus loin. Vous savez mieux que personne combien l’imagination et les capacités d’adaptation des trafiquants semblent inépuisables. Nous devons donc, nous aussi, améliorer sans relâche nos capacités d’action.

Je suis convaincu de votre engagement au service de cette cause. Soyez, en retour, assurés que vous pourrez toujours trouver, dans ce domaine, le soutien des autorités françaises. L’importance et la qualité de la représentation à ce séminaire témoignent d’ailleurs de notre engagement commun.

Je voudrais, pour conclure, remercier les autorités sénégalaises pour l’accueil qui nous est réservé. Ce séminaire n’est pas organisé à Dakar par hasard. Il illustre les liens très étroits qui unissent nos deux pays ainsi que notre excellente coopération bilatérale de sécurité. A cet égard, on ne sait pas assez que le service de sécurité intérieure de Dakar est le plus important du continent en termes de coopérants et d’experts techniques français travaillant en lien avec les autorités sénégalaises.

Je souhaiterais également saluer les personnels du service de sécurité intérieure de l’ambassade de France, en particulier le capitaine de police Hervé BLAISE, de même que son homologue du Ghana, le commandant de police Christophe CAZE, pour leur engagement dans la préparation de ce séminaire.

Je vous souhaite d’excellents travaux et vous remercie pour votre attention./.

Dernière modification : 08/07/2022

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