Voeux de l’Ambassadeur

Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires,
Monsieur le Consul général,
Mesdames et Messieurs les Consuls honoraires,
Mesdames et Messieurs les Conseillers du commerce extérieur,
Mesdames et Messieurs, Cher amis,

Je suis très heureux de vous retrouver ici, tous réunis à la Résidence de France, pour une dernière réception avant le lancement d’une première phase de grands travaux, afin de vous présenter, à vous ainsi qu’à vos proches, mes vœux les plus chaleureux pour cette année 2020.

À l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président de la République a mentionné, pour exhorter à un sursaut collectif, le discours prononcé par Soljenitsyne en 1978 à Harvard, Le Déclin du courage, qui soulignait les fragilités du monde contemporain.

Le Chef de l’Etat a ainsi souligné la crise du multilatéralisme, le durcissement des rapports de puissance, la montée en force des démocraties « illibérales », les réflexes identitaires, la radicalisation idéologique et religieuse, le creusement des inégalités, les fractures entre les Nations et en leur sein, la remise en cause de l’ordre et des principes de l’après-guerre, et les doutes sur notre capacité collective à apporter des réponses à ces profonds dérèglements.

Loin de se résigner à subir les travers de ce monde toujours plus instable et menaçant, notre pays a un rôle de premier plan à jouer pour y remédier. Notre responsabilité est de faire entendre la voix de la France, de défendre partout ses valeurs et ses intérêts. C’est notre métier, avec ses satisfactions et ses vicissitudes, et c’est notre mission, au service de nos compatriotes.

Pour répondre aux grand défis de notre époque (la démocratie, la sécurité, le développement, les migrations, les changements climatiques et les menaces sur la biodiversité, pour ne citer que ceux-là), nous ne pouvons agir seuls. Aucun État, même les plus puissants, n’en a les moyens. Nous devons et nous voulons nous appuyer sur les plus fiables et les plus solides de nos partenaires, au premier rang desquels bien sûr le Sénégal.

Mesdames et Messieurs,

Peu nombreux en effet, une demi-douzaine tout au plus, sont les pays avec lesquels nous avons une relation d’une telle proximité, pour ne pas dire d’une telle intimité, d’une telle complexité et d’une telle diversité aussi. L’histoire, avec ses ombres et ses lumières, les liens personnels, notamment via les diasporas, les intérêts partagés et les valeurs communes sont autant de raisons qui expliquent cette relation à nulle autre pareille.
Cette relation est au beau fixe, à tous les niveaux de l’Etat. En a encore témoigné le récent séminaire intergouvernemental qui a permis la visite, ici à Dakar mi-novembre, du Premier Ministre et de six membres du Gouvernement français, en charge des affaires étrangères, des armées, de la culture, de l’économie, des transports et de l’éducation.

La qualité de nos liens se juge à ce niveau de participation, inédit dans l’histoire des relations entre nos deux pays. Cette visite illustre, avec éclat, l’importance que nous y attachons et, plus largement, le nouveau tour que nous souhaitons donner à nos relations avec les pays africains, résolument partenariales et tournées vers l’avenir, dans la suite du discours de Ouagadougou.

Cette visite a permis de donner une forte impulsion politique et de fixer un cap ambitieux à nos actions. Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Amadou Ba, se rendra bientôt à Paris pour assurer le suivi des engagements pris.

La qualité de notre relation se juge aussi à sa diversité qui fait sa richesse, chaque service de l’ambassade et ses opérateurs y contribuant, avec un professionnalisme qui mérite d’être souligné. Les quatre feuilles de route adoptée mi-novembre sont le reflet de cette volonté partagée de nos deux pays de coopérer tous azimuts. Elles sont notre viatique pour l’année qui s’ouvre.

La première de ces feuilles de route porte sur l’émergence du Sénégal, avec un accent particulier sur l’appui au secteur privé, la responsabilité sociale des entreprises, la création d’emplois locaux et la formation professionnelle. Dans la perspective du Sommet Afrique France de juin 2020, nous faisons porter nos efforts sur la ville durable, avec le projet structurant du TER bien sûr mais également de nombreux autres projets, par exemple dans le secteur des énergies renouvelables. Le développement rural, via la structuration des filières locales ou la recherche agronomique, reste aussi un axe prioritaire. Les financements français, du Trésor et de l’AFD, ainsi que l’expertise de l’AFD, du CIRAD et de l’IRD continueront à accompagner notre coopération dans ces secteurs.

La deuxième feuille de route porte sur l’éducation, notamment autour de nos établissements de l’AEFE, l’égalité femme-homme, priorité intégrée à tous nos programmes, mais aussi la santé, le sport et la culture, avec en ligne de mire l’opération Africa 2020 en juin. Nous nous sommes engagés en particulier à renforcer la coopération entre nos musées, et à soutenir le secteur du cinéma, autour de la future Cité du cinéma à Dakar. Notre action dans le domaine du sport monte en puissance dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2022 et la coopération avec Paris 2024. En matière d’enseignement, le campus franco-sénégalais a lancé ses 15 premières formations, avec déjà près de 400 étudiants. Nous devons poursuivre nos efforts pour permettre d’engager la deuxième phase de ce projet phare à la rentrée prochaine, notamment en y associant plus étroitement encore les entreprises.

La troisième feuille de route porte sur la mobilité et la migration. Elle vise à poursuivre la gestion concertée des flux migratoires, y compris en luttant contre les trafics, et à renforcer les mobilités, en favorisant notamment les échanges de jeunes et de tous les talents dont regorge le Sénégal.

La dernière feuille de route porte sur la défense et la sécurité. A travers l’action des EFS, de nos coopérants et experts techniques, à travers la fourniture d’équipements tels que récemment des patrouilleurs, nous allons continuer à accompagner les forces de sécurité sénégalaises pour contribuer ensemble à la stabilité régionale, à la lutte contre le terrorisme et à la cybersécurité.

Ces documents fixent des objectifs ambitieux, à la mesure de la relation entre nos deux pays. Ils portent en eux plus qu’une obligation de moyens, une obligation de résultats. Comme je le souligne depuis que j’ai pris mes fonctions, ce n’est qu’en travaillant tous ensemble, que nous y parviendrons. Je sais pouvoir compter sur vous comme vous savez pouvoir compter sur moi.

Chers amis,

C’est la première fois que j’ai le privilège de vous présenter mes vœux en tant qu’Ambassadeur de France au Sénégal. J’espère qu’il y en aura de nombreuses autres.

De manière plus générale, pour notre pays, en ce début d’année, je forme le vœu, que nous soyons capables, dans le respect des opinions de chacun, en faisant preuve d’esprit de compromis et de sens des responsabilités, de réaffirmer une forme de concorde nationale sans laquelle il ne peut y avoir de projet collectif, d’ambitions partagées, de France forte sur la scène internationale.

En terminant ce trop long propos, je voudrais vous dire enfin le plaisir et la fierté que j’éprouve, chaque jour, à diriger une équipe de cette qualité et qui montre, tous services confondus, un remarquable sens de l’Etat, du service public et de l’intérêt général.

A chacune et à chacun d’entre vous et, à travers vous, en particulier les conseillers consulaires que je salue, à l’ensemble de notre communauté installée au Sénégal, je renouvelle mes vœux pour 2020 et vous souhaite tout le meilleur pour cette nouvelle année./.

Seul le prononcé fait foi -14 janvier 2020

Image : Tapisserie « Confidences » de Diatta Seck, Manufacture sénégalaise des arts décoratifs de Thiès, offerte par le Président Macky Sall au Premier Ministre Edouard Philippe.
Crédit photo : One Africa

Dernière modification : 23/01/2020

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